Prévenir les risques de vulnérabilité structurelle du bâti résidentiel exposé aux tassements grâce à des solutions de béton renforcé par textile biosourcé.
Créé le 07/01/26
Les habitations maçonnées (en briques, en parpaings), qui constituent une grande part du parc immobilier français, sont particulièrement sensibles aux tassements différentiels provoqués par le retrait-gonflement des sols argileux. Ces désordres structurels fragilisent les bâtiments et accroissent fortement leur exposition à d'autres aléas naturels (séismes, tempêtes, inondations).
Avec le changement climatique, l’alternance de sécheresses et pluies intenses devient plus fréquente, amplifiant les tassements et multipliant les risques pour la sécurité des habitants.
Originalité du projet
Jusqu’à présent, les effets des tassements et des aléas latéraux sur la façade ou les pignons (séismes, vents, inondations) étaient étudiés séparément. Ce projet innove par une approche intégrée et multidisciplinaire en analysant la combinaison sol-structure-aléa et en évaluant les effets cumulés de cycles de retrait-gonflement.
Autre originalité du projet : l’introduction du Textile Reinforced Concrete (TRC) biosourcé, un matériau de renforcement écologique à base de fibres naturelles (lin, jute, chanvre).
Objectifs du projet
L’équipe mixte du Clermont Auvergne INP, de l’Institut Pascal et du CIDECO, dirigée par le Dr Nathanaël Savalle, poursuit plusieurs objectifs :
• Quantifier la perte de résistance latérale du bâti résidentiel face aux aléas naturels (séismes, tempêtes, inondations) selon l’amplitude des tassements subis.
• Étudier l’impact des cycles répétés de retrait-gonflement sur la fragilisation progressive des maisons, aggravée par le changement climatique.
• Évaluer l’efficacité du renforcement par TRC biosourcé (Béton renforcé par textile/Textile Reinforced Concrete) avant, pendant ou après les tassements.
• Déterminer dans quels cas le renforcement des murs par TRC suffit pour éviter des travaux lourds et coûteux.
• Produire des outils de diagnostic et d’aide à la décision (abaques, reliant amplitude des tassements, niveau de fissuration et résistance résiduelle, guides et recommandations concrètes de renforcement) pour les professionnels du bâtiment, les assureurs et les collectivités.
Méthodologie
Le projet s’appuie sur une approche numérique et expérimentale inédite, combinant :
• Simulations numériques avancées (éléments discrets, macro-blocs, homogénéisation) pour modéliser et tester la résistance des murs.
• Application progressive aux murs isolés puis à des maisons complètes R+1 représentatives du parc immobilier français.
• Validation sur un cas réel de maison fissurée suivie par CIDECO.
Cette approche intégrée « sol–structure–aléa » permettra d’analyser la dégradation progressive des habitations et de proposer des solutions adaptées.
Résultats attendus
Le projet livrera :
- Abaques pour structures non renforcées : indicateurs de vulnérabilité en fonction du tassement différentiel
- Abaques pour structures renforcées : indicateurs de vulnérabilité en fonction du tassement différentiel ; efficacité du TRC selon l’amplitude du tassement et l’aléa.
- Abaques des seuils d’états limites (fissures, résistance résiduelle) en fonction du tassement différentiel et de l’accélération sismique.
- Guide de recommandations qualitatives pour le suivi de structures maçonnées : type et emplacement optimal des capteurs (tassomètres, fissuromètres).
- Vidéos pédagogiques et fiches pratiques pour le grand public : « quand s’inquiéter ?», « quoi faire ?».
Retombées et impacts
Le projet présente des retombées significatives sur les plans économique, sociétal, environnemental et industriel. Sur le plan économique, il pourrait offrir une alternative aux réparations lourdes et coûteuses (reprises en sous-œuvre, micropieux, etc.), grâce au renforcement par TRC biosourcé.
Il contribuera aussi à réduire les indemnisations versées par les assureurs en limitant l’ampleur des sinistres, tout en améliorant la tarification et la prévision des risques liés aux tassements différentiels et aux aléas climatiques.
L’impact sociétal sera tout aussi important : les habitants pourraient bénéficier d’une évaluation claire de la vulnérabilité de leur logement et de recommandations concrètes pour renforcer leur sécurité, tandis que les collectivités disposeront d’outils d’aide à la décision pour mieux cibler leurs actions de prévention. Les professionnels du bâtiment auront accès à des guides techniques pratiques, facilitant la diffusion de bonnes pratiques.
Sur le plan environnemental, le recours à des matériaux biosourcés comme le lin ou le chanvre valorisera des filières locales et réduira l’empreinte carbone des renforcements, tout en limitant les reconstructions lourdes génératrices de déchets et de pollution.
Enfin, le projet pourrait ouvrir la voie au développement d’une filière française de renforcement par TRC biosourcé, aujourd’hui absente, en s’appuyant sur des retours d’expérience internationaux et sur la disponibilité des ressources locales.
En conjuguant sécurité des habitants, économies, durabilité et innovation, ce projet se positionne comme une réponse exemplaire aux enjeux actuels pour préserver le patrimoine bâti et développer une culture de la prévention et de la transition écologique.
Organismes de recherche et partenaires
Principaux intervenants
Nathanaël SAVALLE, maitre de conférences en géotechnique, spécialiste maçonnerie et sismique, Clermont Auvergne INP
Date de début / Durée
19/11/25, pendant 36 mois