Les troubles du sommeil au temps de la Covid-19

21e journée du sommeil® - le 19 mars 2021 – Bien dormir pour mieux faire face

Femme insomniaque qui tient un oreiller dans ses bras

Créé le 16/03/21

On dort en moyenne un tiers de notre vie. Oui, vous avez bien lu, un tiers ! Mais ce n’est pas pour ne rien faire. Dormir, c’est le seul moyen de récupérer nos capacités physiques et psychiques – et la qualité de notre sommeil agit directement sur notre santé. Il est donc impératif de mieux dormir surtout pendant cette période d’épidémie que nous traversons.

Stress, fatigue et troubles de sommeil

La crise sanitaire s’est ajoutée aux nombreux problèmes de sommeil qui existaient déjà, engendrant du stress et des modifications dans notre façon de vivre au quotidien. Selon une étude récente, 1 Français sur 2 considère les difficultés de sommeil véhiculées par la Covid-19 comme très préoccupantes. En effet, le stress et la fatigue sont les conséquences indirectes de la crise sanitaire. Nos vies quotidiennes ont été bouleversées par les confinements, le télétravail ou l’arrêt d’activité – le stress induit et le manque de sommeil peuvent fragiliser le système immunitaire – nécessaire à la défense de l’organisme contre les virus.

Mieux dormir pour mieux faire face

A l’occasion de la 21e Journée du sommeil, l’INSV, en partenariat avec la MGEN, présentait un état des lieux du sommeil des Français et leur livrait des conseils d’experts issus d’une enquête réalisée par Opinionway pour nous apporter un éclairage sur les habitudes de sommeil des français à l’issue du 2e confinement et en comparaison avec une période normale.

Au programme, les risques de somnolence au travail et sur la route, le sommeil des enfants et adolescents en temps de crise et le sommeil du futur, l'apport des objets connectés dans le parcours du sommeil.

Précisément, quelles sont les caractéristiques ayant une incidence sur notre sommeil ?

L’usage des écrans, la durée d’exposition à la lumière de jour, l’activité physique, où on habite – ces facteurs ont tous une influence sur la qualité de notre sommeil. En période de confinement, cette qualité a tendance à se réduire. Cette réduction est directement liée aux changements d’habitudes de sommeil et d’exposition à la lumière, surtout le soir. Pour optimiser le sommeil pendant les périodes de confinement, les chercheurs préconisent des horaires de sommeil et de réveil réguliers, de s’exposer à la lumière du jour pendant au moins une heure tous les jours et de réduire nos utilisations d’écrans le soir.

Les troubles de sommeil et la Fondation MAIF

A la Fondation MAIF, nous soutenons la recherche sur le sommeil sous plusieurs angles.

  • La fatigue et hypovigilance au volant
  • Les jeunes et les problèmes de sommeil
  • L’efficacité des objets connectés du sommeil

La somnolence au volant

La recherche sur le sommeil débute en 1997 pour mieux comprendre les phénomènes d’hypovigilance au volant à l’aide des techniques de simulation – et nous étudions l’hypovigilance au volant encore aujourd’hui. Et pour cause ! Elle est responsable de 15 à 20 % des accidents mortels sur l’ensemble du réseau routier et d’un quart des tués sur les autoroutes en France.

En 2009, nous avons étudié les signes avant-coureurs d’une baisse de vigilance chez les patients apnéiques suivant un traitement de pression positive continue. (PPC). L’apnée du sommeil est la cause la plus fréquente de somnolence diurne et surexpose les personnes atteintes aux accidents routier, domestiques et professionnels.

Le sommeil et les jeunes

Une étude de 2006 confirme que l’aptitude des jeunes à la conduite en fin de nuit est fortement impactée avec des dégradations de performance les plus importantes entre 6h et 07h30. Plus la somnolence était importante, plus l’aptitude de conduire était dégradée.

En 2015, nous avons également étudié la somnolence au volant des jeunes lié à l’alcool et pourquoi ils ne s’identifient pas aux campagnes de prévention contre l’abus d’alcool. Il s’avère qu’un manque de sommeil est un facteur aggravant. La privation de sommeil, volontaire ou pas, a tendance à nous rendre moins réceptif aux informations de comparaison sociale. En revanche, les bons dormeurs sont réceptifs à des comparaisons sociales prudentes. Mieux vaut donc montrer les comportements exemplaires pour une campagne de prévention efficace.

L’ère numérique et le sommeil

L’utilisation des écrans, notamment les smartphones, jusqu’à tard dans la nuit entraine des déficits de sommeil importants ayant des répercussions sur l’attention et la concentration pendant le temps scolaire. Ce projet vise la création d’une application de sensibilisation développée spécifiquement pour les adolescents afin qu’ils prennent conscience de leurs propres usages et les comparent aux usages des pairs identifiés en tant que « favorables ».

Un nouveau projet pour lutter contre cette surutilisation des écrans démarre en 2021 pour faire face au constat que plus d’un adolescent sur 2 présentent une dette chronique de sommeil de l’ordre de 2h par jour ! Les chercheurs proposent de créer un challenge collectif, « 3 semaines pour mieux dormir » pour inciter les comportements favorables au sommeil chez les jeunes ados et pour qu’ils acquièrent de nouvelles connaissances concernant le sommeil via les défis et les jeux.

Les troubles de sommeil et la prévention 2.0

La vente des objets connectés pour mesurer le sommeil est en plein essor. Nous avons cherché à savoir quels sont les apports ou les risques associés à l’utilisation de tels objets connectés. Selon les résultats de cette étude, ils ont efficaces lorsqu’il s’agit de mesurer le temps de sommeil, certes. En revanche leur efficacité reste à prouver lorsqu’il s’agit de nous aider à bien dormir. A l’issue de ce projet, les chercheurs du laboratoire LATI de l’Université Paris Descartes nous ont aidé à concevoir notre guide de sommeil, « Mieux comprendre le sommeil pour mieux le gérer » téléchargé plus de 14 000 fois.

Découvrez les autres aventures de Camille !

Notre dernier projet de recherche répond à ce constat que nous ne sommes pas en quête de solutions standard pour lutter contre les problèmes de sommeil. Nous sommes plutôt à la recherche de conseils fiables et personnalisés qui s’appuient sur la recherche scientifique. Ce projet vise à en faire la preuve en proposant une nouvelle application dédiée au sommeil. Affaire à suivre !

Pour connaître l’actualité des projets sur les troubles de sommeil, abonnez-vous à la lettre d’information de la Fondation MAIF

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